3 juin 2010
Bilan de la conférence du révision du TNP fait par le collectif « ICAN » auquel nous participons
Aujourd’hui, 5 juin 2010, Journée internationale du Désarmement nucléaire, les organisations françaises de la campagne ICAN (International Campaign for Abolition of Nuclear Weapon) font le bilan de la Conférence d’examen du Traité de non-prolifération (TNP) qui s’est tenue à l’ONU en mai 2010.
Il est à noter en premier lieu la présence très importante des ONG pendant la Conférence, et saluer les fortes délégations japonaise (1600 personnes) et française (250 personnes) qui ont montré avec force les exigences de la société civile mondiale et influé par leur présence sur l’atmosphère de la Conférence.
La Conférence d’examen du TNP, après quatre semaines de travail, a abouti à un consensus indiquant que le désarmement nucléaire est toujours d’actualité.
Les engagements de 2000 en matière de désarmement nucléaire sont réaffirmés, notamment "l’engagement sans équivoque" d’éliminer les armes nucléaires. Mais les "P4" (France, Royaume-Uni, Russie, USA) ont réussi à éliminer toute référence directe à un calendrier d’élimination, elles devront rendre compte en 2014 de leurs efforts (Action 5). La Conférence affirme dans son consensus que "le secrétaire général des Nations unies a proposé de considérer des négociations sur une Convention d’élimination des armes nucléaires". La proposition d’une Convention d’élimination est actuellement soutenue par une majorité d’Etats mais par un seul État nucléaire : la Chine.
Il est à regretter que la vision du président Obama développée à Prague l’année dernière d’un "monde libéré des armes nucléaires", les propositions de très nombreux pays et de la quasi-totalité de la société civile mondiale n’aient pas été suivies de décisions courageuses.
La Conférence "reconnaît l’intérêt légitime des pays non-nucléaires pour arrêter les programmes de modernisation des armes nucléaires des pays dotés". Sans toutefois demander explicitement l’arrêt de ces programmes. De même pour l’état d’alerte qui prévoit, comme lors de la guerre froide, de déclencher un tir nucléaire lors de l’arrivée d’un missile non-identifié et ceci en 30 minutes : la Conférence "reconnaît l’intérêt légitime de réduire le niveau d’alerte".
Dans les aspects positifs du document final, il n’était pas superflu de réaffirmer l’engagement des pays nucléaires à respecter les principes de "transparence, de vérification et d’irréversibilité des mesures de désarmement".
Une autre mention à saluer est l’affirmation que "l’utilisation d’une arme nucléaire aurait de telles conséquences de catastrophe humanitaire" que les États doivent, quelques soient les conditions, respecter "les lois internationales, y compris les lois du droit humanitaire international". Cette affirmation implique donc l’illégalité de l’utilisation de l’arme nucléaire quelques soient les circonstances et complète utilement la décision de la Cour internationale de justice en 1996.
La convocation d’une Conférence en 2012 sur l’élimination des armes nucléaires au Moyen-Orient avec la nomination d’un "facilitateur" correspond à la seule décision qui précise explicitement une date d’échéance. Cette décision mérite d’être saluée.
En conclusion, les associations de la campagne ICAN en France, se réjouissent que le sujet du désarmement nucléaire reste à l’ordre du jour mais déplore l’attitude négative des pays nucléaires qui refusent de remettre en cause leurs arsenaux et d’envisager un monde "libéré des armes nucléaires" dans un avenir prévisible. L’épée de Damoclès sur notre planète reste menaçante et une nouvelle conception de la sécurité doit être au plus vite envisagée.
Elles considèrent qu’il est de la responsabilité de la société civile de faire entendre plus fortement la voix des citoyens en France, en Europe et dans le Monde, en particulier concernant l’exigence d’une Convention d’élimination des armes nucléaires, demande votée en Assemblée générale de l’ONU et réitérée par Ban Ki-moon lors de cette Conférence d’examen.
Nous appelons la société civile à imposer au plus vite un débat national et international sur ce sujet.
Adresse du site où l’on peut trouver les interventions :
http://www.un.org/en/conf/npt/2010/statements/statements.shtml